Acadie

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BELLE-ILE-EN-MER

En France, au sud de la Bretagne, émerge une île d'une superficie de 80km2. Les anciens la nommaient Calonesus, ce qui signifie Belle Ile en grec, les Romains Vindilis, les Hollandais Boelyn. Les Bretons la nomment Guerveur et les Français Belle-Ile-en-Mer.

Elle a, autrefois, appartenue à l'abbaye de Sainte-Croix de Quimper ; mais Charles IX la donna au comte de Rais, et l'érigea en marquisat en sa faveur en 1573.

Belle-Isle passa ensuite à Fouquet, le dernier surintendant des finances. Son petit-fils, Charles Louis Auguste Fouquet, duc de Belle-Isle (1684-1761), maréchal de France la céda au Roi sous la Régence. Sa Majesté lui donna, en échange, le comté de Gisors et d'autres domaines.
Elle fut prise, en 1760, par les Anglais, malgré la belle défense du chevalier de Sainte-Croix, et rendue à la France par le traité de Paris, le 18 février 1763 (avec les îles Saint-Pierre-et-Miquelon).
L'occupation anglaise avait fait fuir de nombreux Bellilois, beaucoup de terres abandonnées étaient en friche.
Aussi, lorsque François de Kermarquer, Receveur du Domaine de Belle-Ile-en-Mer, apprit que le Duc de Choiseul mettait à disposition des intendants qui pouvaient les accueillir et leur offrir des terres les 3 5oo Acadiens, fit-il parvenir un projet d'installation.
L'abbé Le Loutre prit en main l' installation de 78 familles acadiennes, soutenu par le Baron de Warren, commandant pour le Roi de Belle-Ile. On réalisa pour la première fois en France un afféagement. Vingt-quatre ans avant la Révolution, le Roi abandonnait une partie de son domaine royal pour donner les terres de Belle-Ile à ceux qui les cultivaient. Moyennant quoi l'île sera divisée en autant de parcelles qu'il y aura de familles à la fois belliloises et acadiennes. Ainsi, pour la première fois en France, un cultivateur devenait propriétaire de la terre qu'il cultivait et pourrait la transmettre à ses héritiers.